Résumé de la causerie débat sur le thème: les implications juridiques, politiques, économiques et sociales du retrait des pays de l’AES de la CEDEAO

Publié le 19 février 2024 à 19:28

Ce vendredi 16 Février 2024 à 19h GMT via Google Meet s’est tenue une causerie débat avec pour thème: Les implications juridiques, politiques, économiques, et sociales du retrait des pays de l’AES de la CEDEAO.
Dans cet article, nous synthétiserons toutes les idées essentielles de cette causerie débat et reviendrons sur les deux points phares autour desquels tournèrent les discussions.


Le 28 janvier 2024, trois pays membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont annoncé leur retrait avec effet immédiat de l’organisation régionale. Ces trois pays qui sont dirigés par des régimes militaires depuis des coups d’états successifs, avaient créé en septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES) une entité visant à renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité qui sévissent dans la région Sahélienne.

 

I- Quelles sont les raisons et les conséquences de cette décision.

 

Les Pays de l’AES pour se retirer de la CEDEAO ont évoquer plusieurs raisons:
⁃ Éloignement des idéaux des pères fondateurs et du panafricanisme
⁃ Influence des puissances étrangères
⁃ Menace pour ses États membres et non-assistance dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.
⁃ Imposition de sanctions jugées illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes.

Les conséquences de ce retrait pourraient être graves pour le pays le l’AES et ceux de la CEDEAO. Le but de la CEDEAO étant de favoriser les échanges économiques entre ces membres, le retrait peut avoir des conséquences sur le plan juridique, politique, économique et social, et impacter sur les populations.

 

II- Quels sont les enjeux Juridiques, Politiques, économiques et sociaux qui se posent pour les pays sortants, les pays restants et la CEDEAO

 

Sur le plan juridique, il faut souligner que le retrait s’annonce difficile car le Traité de la CEDEAO ne prévoit pas de retrait avec effet immédiat de cette institution. Selon le chapitre XXII en son article 91 il faut notifier par écrit, dans un délai d’un an, sa décision au Secrétaire exécutif qui en informe les États membres. A l’expiration du délai, si la notification n’est pas retirée, cet état cesse d’être membre de la communauté. Or les pays de l’AES on fait une demande conjointe avec effet immédiat de retrait choses qui pour le droit international est une entorse aux règles. Aussi le traité ne prévoit pas de retrait collectif or les trois pays on fait leur demande de façon conjointe. Si ce retrait était validé la CEDEAO sortira fragilisée car n’importe quel pays pourra utiliser le même mode de sortie et on assistera à la fin de l’organisation.

 

Sur le plan politique, les relations entre les pays de L’AES et ceux de la CEDEAO vont se fragiliser et même pourront devenir conflictuelles. Le Nigeria et le Niger ne pourront plus collaborer après que le Nigérian sous l’égide de la CEDEAO est demandé une intervention militaire dans ce pays.

 

Sur le plan économique, il s'agit de trois États sahéliens, sans littoral maritime.
Avec le retrait de ces trois États intérieurs, l'organisation sera réduite aux 12 Etats littoraux d'Afrique de l'Ouest.
Mali, Burkina Faso et Niger représentent 2,75 millions de km2 sur 6,1 millions de km2 de l'ensemble des Etats membres de l'organisation.

Le Mali et le Niger sont 4 fois plus grands que le Burkina Faso (274.000 km2). Mali et Burkina Faso ont une population quasi identique d'environ 22 millions d'habitants contre plus de 25 millions d'habitants pour le Niger. Cela représente un marché énorme et un manque à gagner pour le état restants de la CEDEAO.

Le reste des états de la CEDEAO étant des pays du littoral les échanges commerciaux maritimes de ces pays là seront fermés or le
Port d’Abidjan est le plus utilisé pas le Mali et le Burkina Faso. Il ne pourront plus bénéficier du libre échange que favorise la CEDEAO. Cela pourrait être dramatique pour ces pays là.

 

Sur le plan social, cette décision de retrait pourrait produire des effets considérables, par exemple pour la circulation des biens et des personnes, pour les trois pays concernés, dépourvus d'accès à la mer, et pour la région. Elle suppose des implications sur les exemptions de visa et les exonérations de taxe, avec des retombées sur les prix et sur les conventions d’éducation et les exonérations de Scolarite.

 

Au vu de ce qui précède nous pouvons dire que le retrait des pays de l’AES est un cas inédit qui ne présage pas un avenir radieux pour la CEDEAO et ces trois pays, et risque de réduire à néant les efforts consentie par les Pères fondateurs de cette Organisation régionale.

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